28 févr. 2011

Good bye Canada!

Le prochain concert au Québec se fera dans la douce chaleur du début de l’été. Dans les odeurs de bourgeons en fleurs et de toilettes chimiques. Merci à toutes les personnes qui sont venues voir le concert en Février. En voici quelques faits marquants:

-Chicoutimi : Record de plaisir. Pat Love nous apprend qu’il porte des lunettes.

-Les 24 heures de BOIZE : la dernière occasion de voir et entendre les adieux.

-La révolution, la chute des dictateurs et la dinde sauvage : Partout!

-Brutal Chérie : Projet Franco/punk auquel Guillaume participe et qui sortira dans quelques mois chez L'écurie. Des extraits sonores et approximatifs ici.

-Joakim : s’accroche dans un coin de scène et saigne.

-Guillaume : ressemble à Thom York sauf des oreilles.

-La tournée en France : dans 10 jours.

En d’autres mots, nous n’avons pas le temps de rédiger un long blogue. Il faut régler les assurances, l’équipement, le transport, l’hôtel, la marchandise, couper nos ongles et baisser le chauffage. On vous écrira plus longuement depuis le vieux continent.

15 févr. 2011

Buy out!


On a utilisé ce qu’on a pu à North Bay pour reprendre le sommeil perdu à Val d’or, journée qui aura durée 24h depuis le réveil à Montréal le matin même. On a ensuite compté 4 heures de sommeil avant de repartir pour le concert en Ontario à 8h le lendemain. On a bouffé chez Mike’s à Val d’or à 17h vendredi. Il aura fallu attendre North Bay à 18h samedi pour le deuxième repas de la tournée. Sur le chemin du retour vers Montréal, on a bouffé du Burger King. Les contraintes d’espace-temps peuvent parfois ne laisser que très peu d’options : c’était ça ou du PFK dimanche. Mike’s ou rien vendredi.

En France, les gens nous accueillent avec des mets locaux préparés sur place : Tartiflettes, omelettes, salades fraîches, charcuteries, fromages affinés, pain frais du jour, vin, alcools anisés, noix, fruits, amour et convivialité. Est-ce que cela fait en sorte que les concerts soient meilleurs? -Non. Cela fait en sorte que nous pourrons faire des concerts plus longtemps avant de contracter un cancer.

Le fonctionnement alimentaire du Québec se résume à 90% du temps par un «buy out» : On nous donne chacun 10$ et un coup de poing au visage. Ensuite on nous souhaite bonne chance et on se dirige vers le fastfood le plus proche en saignant. Cela fait partit des mœurs ici. On s’accommode en général assez bien avec cet état des choses. Quand les horaires sont un peu plus souples, ça laisse le temps d’acheter des branches de céleris et du babaganouj. Bien sûr, quand on invite des groupes Français à partager la scène avec nous ici, on a honte et on s’excuse au nom de la nation québécoise. Soyez rassurés!

Avec tout ce manque de protéines, ne restait plus qu’à se faire des coupes de cheveux comme Glenn Danzig pour se changer les idées sauf qu’on manquait tellement de protéines qu’on s’est trompé et on a fait une vidéo plutôt qu’une photo. Et là, ben… Joakim et Max ont l’air niaiseux.

10 févr. 2011

Quand même mieux que «Les Respectable»


Premier arrêt du 3ème acte de la tournée : Chicoutimi. Première chose en sortant du camion, notre beau nom de groupe massacré de la sorte. Après avoir passé 10 ans à répéter qu’il n’y a pas d’article devant le nom, maintenant c’est devenu singulier. Sans doute que le groupe Les SS y sont pour quelque chose. D’ailleurs, petite parenthèse à l’endroit des SS : Excellente idée de jouer au Bunker. C’est encore plus ironique que les moustaches dans le quartier Mile-End.

Avis aux nouveaux groupes avec des paroles comiques qui se cherchent un nom : Dépêchez-vous, Les moustaches du Mile-End est encore libre.

Notre passage au Saguenay était vraiment merveilleux. La salle était pleine de beaux fans enthousiastes et le repas était délicieux. Les gens étaient tellement gentils qu’on a même joué Petit Patapon. Ça faisait au moins 8 ans depuis la dernière fois. On a joué presque 2 heures. Même les fans de Grim Skunk auraient trouvé qu’on a joué trop longtemps. Après le show, on a fait la fête et Guillaume a planté Pat Love au ping pong 21 à 8 et Max 21 à 12. Dans la loge, on avait des petits carrés de Gouda fumé. C’est magique avec du brocoli cru. Il y avait aussi un petit monsieur bizarre qui nous regardaient drôlement et un graffiti qui a beaucoup attiré notre attention. Nous sommes heureux de le partager avec vous:


Le lendemain matin, on a fait le plein dans le camion avant d’attaquer la route pour Québec. On a demandé au pompiste où était le cartier gai au Saguenay. Il a répondu : «Jonquière»!

On est arrivés à Québec en fin d’après-midi un peu en retard mais pas trop. Belle journée en perspective : Motoneige, Bonhomme et 4 chambres au Delta mais surtout, on allait pouvoir passer du temps avec Xavier et les meilleurs musiciens du monde. Nous étions très heureux parce que voyez-vous, Vince Peake qui joue de la basse pour Caféine est la personne la plus gentille de toute la colonie artistique du Québec et d’ailleurs. Il est tellement gentil qu’on a envie de le flatter. Grosse déception à Québec : pas même une gorgée de Caribou. Autre déception : faire caca dans les toilettes chimiques. En revanche, on a vu Dig it up au Scanner.

Notre concert ne s’est pas trop mal passé sauf que Marie est tombée sur la scène parce que Guillaume avait le pied sur son fil de guitare. Ça fait 2 fois que Marie tombe en 15 ans. Contrairement à 0 pour les autres. Ça explique pourquoi il y a peu de femme dans le milieu du rock. Elles tombent trop souvent. Parlez-en à Julie d’Eric Panic. Ceci étant dit, à défaut de ne pas tomber, certains hommes portent des manteaux oranges, ce qui équilibre le tout.

29 janv. 2011

Silence on tourne!


Contrairement à la majorité d’entre vous, par la nature de votre emploi sérieux, cela fait 2 mois qu’on ne fout rien. Ça explique en partie le silence écrasant de ce blogue un peu malade. Nous n’avons rien qui soit vraiment intéressant à partager avec vous. Quand les activités du groupe s’arrêtent comme c’est le cas depuis les 2 derniers mois, on se questionne sur notre avenir et on remet en question toutes sortes de choses qu’on prenait pour acquis quand on avait 22 ans. On passe du temps en famille et nos mères se demandent plus qu’avant si c’est une bonne idée d’aller jusqu’à Sept-Îles en plein hiver. Voyez-vous? Pas super divertissant… Ceci explique donc cela.

Mais au bout du compte, même Montréal devient un peu fade et triste l’hiver. La neige devient brune vite après la tempête. Ça prend une stratégie d’évasion. Merci Preste pour les 9 shows qui s’en viennent. Ça met de la mine dans le plomb, ou quelque chose du genre…

Après 2 mois de léthargie, on recommence à rêver d’une soirée entre amis ailleurs que dans nos quotidiens respectifs. L’accent du lac nous manque. La sueur des concerts. La camaraderie, les tortillons de dépanneur et les autographes à des places bizarres qui vont disparaître dans la prochaine douche.

Bien que la route qui nous sépare de certains concerts soit longue, ardue et dangereuse, l’envie de repartir jouer et d’oublier nos problèmes revient toujours vite. Parce que la route ça pardonne. C’est comme un pèlerinage. Même si parfois les blagues deviennent moins drôles le dimanche, le même phénomène recommence la semaine d’après. La roue du rock ça tourne à l’infini. Il faut toujours faire attention que ça ne devienne pas une habitude : Monter sur la scène comme des robots pour dire les mêmes affaires plates entre les tounes. Réussir à insulter la foule pour faire rire la foule, c’est pas si facile que ça.

Voici quelques pertinences des derniers temps en rafale :

-Le gars qui a rédigé notre page Wikipedia pense qu’on est straight edge.

-La brasserie McAuslan nous commandite la bière pour tous les shows en Février. St-Ambroise est la meilleure bière au monde, loin devant la deuxième meilleure, Griffon blonde.

-Pat Love porte des lunettes asteure.

-Le parolier Canadien Hugo Mudie pense que, dès que tu commences à écrire des chansons au sujet d’être dans un groupe, c’est le début de la fin de ton groupe. Hugo, Glace noire ça rentre-tu là-dedans?

-Max s’est servit de sa scie à chaine cette semaine. Y’a un arbre mort qui est tombé dans sa cour.

-Marie-Eve est moins populaire et moins riche mais rock beaucoup plus que Cœur de Pirate.

-Guillaume a tourné comme guitariste remplaçant avec Saintes-Catherines aux États-Unis la semaine dernière. Y’en a profité pour swapper sa face avec Beaudet.





22 nov. 2010

Une réaction de stéphane Venne


Suite à notre dernière publication sur le blog (Les galas), Mr. Venne nous a fait parvenir par courriel ses réactions. Nous vous offrons ici la totalité de son commentaire. Et pourquoi pas, l’occasion de voir et entendre sa chanson sacrée classique : « C’est notre fête aujourd’hui », composée en 1968.

...

À propos de ce que j'ai déclaré l'autre soir au Gala de la SOCAN en recevant ma plaque de "chanson classique" pour ma toune de 1968 « C’est notre fête aujourd’hui », vous dites dans votre blog: « aux dires (sic) de Mr. (sic) Venne : «…Pour écrire un classique de la chanson, il faut être bon…», et vous en remettez en parlant plus loin de « la prétention des propos de Stéphane Venne ». Puis dans un courriel personnel subséquent, vous m’écrivez « cela a sonné à mes oreilles et celles des gens qui m'entouraient hier soir comme une maladresse et un brin de prétention ». Bonbinkoudon…

Vous faites bien de m’apostropher comme ça. Même écrit sur ce ton, ça révèle votre pensée, voire votre éthique. Et surtout ça touche – donc ça me force à développer - certains points fondamentaux et certains enjeux majeurs de la chanson québécoise et, plus généralement, de la chansons francophone (... et passons outre à cette achalante propension « bien de chez nous », et qui se montre le bout du nez ici encore une fois, à knocker le messager quand on n’aime pas le message, et à le qualifier moralement, en tant que personne, au lieu de s’en tenir à ses idées; et en passant, à propos de votre marrante parenthèse sur le pipi, je vous renvoie à la « ligne » du stand-up comic américain le plus intelligemment décapant des années 70-80, George Carlin, qui a dit, pour dénoncer la maladive obsession des Américains moyens à propos de la propreté et pour dénoncer du même souffle les multinationales pushers de savon qui entretiennent de cette hypocondriaque fixation dans le but de l’exploiter : « If you feel the need to wash your hands every time you piss, maybe you should try washing your dick. MY dick IS clean. »).

Drôle à dire, mais votre réaction à mes propos confirme la raison pour laquelle je les ai exprimés l’autre soir, espérant secrètement que ça rejoigne des gens comme vous. Cette raison, la voici : il existe depuis une couple de décennies dans le monde de la chanson québécoise une rectitude politique qui interdit de chercher à déterminer si un créateur est bon ou pas bon, et elle interdit encore plus à un créateur de déterminer s’il est lui-même bon ou pas bon ou de viser à l’être. C’est mal vu. Ça crée des inégalités qu’on estime inadmissibles, insupportables (puisque « bon » se définit par opposition à « pas bon » ou à « moins bon »… Ouach !!!). Donc ça rime avec concurrence. Re-ouach ! Bref, la notion de « bon » est devenu complètement tabou (comme la notion de succès, devenue, elle, pratiquement obscène), et on la considère à deux doigts de l’arrogance (comme le suggère clairement le texte de votre blog).

Curieusement, ce tabou ne semble viser que les créateurs de chansons. Pas les autres artisans ni les autres professions. Car si on suit votre raisonnement concernant la notion de « bon », ce serait ok de rechercher et d’exiger (ou de prétendre qu’on est soi-même) un BON drummer, un BON bassiste, ou un BON médecin, ou un BON « soundman », ou un BON chef cuisinier, ou un BON réalisateur de cinéma ou un BON joueur de hockey, même un BON chef d’orchestre... mais ça serait PAS ok de parler de BON AUTEUR (quels que soient les critères d’évaluation qu’on utilise pour définir « bon »). Bizarre. Une espèce de déni de l’évidence soit pour se conformer à l’air du temps soit pour éviter de « faire de la peine ».

Et dans une autre perspective, mais toujours en suivant votre logique, ça serait mal vu de qualifier quelqu’un qui écrit des bonnes tounes de BON AUTEUR, et, inversement, de qualifier de mauvais auteur quelqu’un qui écrit des tounes plates ou sans singularité artistique. Au nom de je ne sais trop quelle fiction égalitariste ou de frilosité devant le jugement d’autrui (ou devant le jugement tout court), ou de soif de « gentillesse » (qui n’est pas un paramètre artistique, soit dit en passant), on n’aurait juste plus le droit selon vous de dire qu’un auteur est bon, et le bon auteur n’aurait plus le droit de savoir qu’il est bon, et encore moins de le dire (du moins pas en public, ce qui frise l’hypocrisie ou l’illusion auto-imposée). Par extension, évidemment, on n’aurait pas le droit non plus de dire que tel auteur est mauvais (ça ne serait pas « gentil », ça le mettrait en situation « d’infériorité », je suppose ; on aime mieux pas le voir, pas le savoir).

Enfin (et c’était là mon « message » l’autre soir), je n’aurais pas le droit, au nom de votre aversion au mot « bon » (et à son pendant, le mot « mauvais »), de dire ce que j’ai dit, à savoir que le sort de la chanson québécoise et la survie de la francophonie (la nouvelle bataille de Plamondon) dépendent de ses meilleurs éléments (les plusse BONS) : les bons auteurs. Si on ose le dire comme je l’ai fait, ça devient de la prétention (même si, en évoquant la notion de « bon auteur », je ne parlais pas de moi mais plutôt, en général, de la nécessité pour le Québec d’avoir de BONS auteurs, pas juste un paquet d’auteurs).

Vous aurez compris que je pense l’exact opposé de vous. Je trouve en effet au contraire que ce qui est prétentieux, VRAIMENT prétentieux (même si c’est devenu acceptable), c’est de se présenter devant les gens AUTREMENT que sur la base de la conviction que l’oeuvre qu’on présente est BONNE, donc en se prétendant indirectement soi-même un BON auteur. Je trouve que ce qui est prétentieux, VRAIMENT prétentieux, c’est de dire aux gens « écoutez-moi parce que j’existe, parce que je me prétends artiste, parce que je suis MÔA ». L’égocentrisme me barbe singulièrement. Et, sur le plan de l’éthique, je trouve presque malhonnête d’accréditer une oeuvre d’art non pas artistiquement mais par les qualités personnelles de l’auteur, genre « écoutez ma toune, je suis tellement sympa », oubedon « écoutez ma toune parce que je suis révolté comme vous ». Pour moi, c’est du marketing pernicieux, de la manipulation, du détournement de valeurs, comme quand les marchands disent « achetez mon shampoing parce que la vedette Unetelle l’utilise aussi », ou « achetez tel produit et montrez que vous êtes dans la bonne gang ». C’est pas une bonne raison d’acheter une toune ni de la trouver bonne. Une toune, on l’achète parce qu’on la trouve bonne comme telle, artistiquement, une fois qu’on l’a entendue, et quand on « prend une chance » sur une toune nouvelle sans l’avoir écoutée, on se fie au talent d’un auteur qu’on trouve bon parce qu’il en a déjà produit d’autres. On n’achète pas une toune, non plus, juste parce qu’elle s’adonne à être nouvelle (toutes les tounes sont nouvelles au départ, les chefs d’œuvres comme les navets). La nouveauté n’est pas une qualité artistique, c’est juste une donnée chronologique provisoire. On achète une toune parce qu’elle est bonne ou parce qu’on présume qu’elle l’est du fait que son auteur est généralement bon.

Ça me barbe d’autant plus qu’une culture, toute culture, est assise sur un patrimoine d’œuvres établies, des œuvres durables, des œuvres que la collectivité a fait siennes le long des années, bref ce qu’on appelle le répertoire, auquel chaque génération ajoute quelques éléments. Pour qu’il y ait le jazz, ça a pris Armstrong, puis Ellington, puis Coltrane, puis Davis. Une chaîne d’œuvres bonnes créées par de bons artistes. Sans cette chaîne, il n’y a pas aujourd’hui de Marsalis ni de John Zorn. Pareil en chanson française : la chaîne, c’est Trénet, Lemarque, Aznavour, Brassens, Nougaro, Gainsbourg, Souchon, Leforestier, Bashung. Une chaîne d’œuvres bonnes créées par de bons artistes. Sans cette chaîne, il n’y a pas de... (ici, mettez le nom que vous pensez destiné à « faire le club » des classiques).

Or pour créer ces œuvres de répertoire – les plusse bonnes parmi les bonnes – ça prend de bons créateurs. Ça prend même les plusse bons parmi les bons. Un créateur poche n’écrira jamais de toune mémorable. Le seul titre de créateur n’est pas garant de bonnes œuvres. Bien sûr, de temps à autre, on voit des « one shots », des auteurs qui créent une toune qui entre dans la mémoire sonore collective et qui disparaissent ensuite dans l’anonymat. Mais la plupart du temps, les BONS créateurs produisent plusieurs œuvres majeures (quand on est bon, on l’est à peu près tout le temps).

Donc oui, c’est une question de faits, pas une opinion ni d’humeur, donc je réitère que «…Pour écrire un classique de la chanson (et surtout pour en écrire plusieurs), il faut être bon…», libre a vous de le reconnaître ou pas.

Mais si je me donne un mal de chien pour vous amener à le reconnaître et faire disparaître vos tabous, ce n’est pas pour « gagner mon point ». L’Histoire se fichera complètement de savoir lequel de nous deux aura remporté une joute intellectuelle sur un blog en 2010. L’enjeu n’est pas là. L’enjeu est culturel, identitaire, peut-être même politique. Voici comment je vois ça.

De toute évidence, la chanson est un art de prédilection au Québec. Car sur le plan identitaire, le plan de la définition de ce que nous sommes collectivement, la chanson est notre forme d’art la plus efficace » Normal : nous sommes peu nombreux, collectivement pas très riches, et la chanson s’adonne à être un art qui demande peu de moyens physiques, économiques ou intellectuels (contrairement à l’opéra, au cinéma, aux cathédrales, à la musique « sérieuse », etc.). La chanson est notre arme de guerilla culturelle contre les géants, notre AK-47 contre les armes nucléaires des grandes nations. Ce n’est pas une coïncidence que la chanson nous rende le même service qu’aux Noirs Américains et à d’autres collectivités semblables à nous.

Cela dit, il faut compenser le petit nombre ou le faible poids économique par la qualité. Pas le choix : comme nous ne sommes pas nombreux, ça nous prend une meilleure moyenne au bâton, ça nous prend plus de BONS auteurs en moyenne qu’en France ou qu’aux USA. Les Américains et les Français sont si nombreux qu’il leur suffit d’avoir seulement un artiste sur 1000 qui pète le feu pour que ça totalise beaucoup de monde et que ça produise un impact chez eux et dans le monde. Nous, au Québec, parce qu’on est peu nombreux, faut que ça soit un sur 50. Donc on a intérêt à savoir ce qui est bon de sorte de pouvoir identifier le talent, le localiser, le promouvoir et le faire servir à quelque chose (essentiellement : créer de la beauté et améliorer le sort du monde, à commencer par notre propre collectivité).

C’est pour ça que j’ai dit à Plamondon publiquement que pour livrer la bataille de la francophonie, ce qui compte, c’est d’abord d’être bons et de faire des bonnes tounes (idéalement des classiques). Les lois, les manifs, les grosses déclarations, c’est secondaire. Pire : ça peut même faire illusion.

-Stéphane Venne

18 nov. 2010

Les galas


Après notre nomination au gala de l’ADISQ où l’on s’est abstenu de se présenter pour éviter une dépense de 1000$ en frais de billets (Ben oui, ça coûte cher marcher sur un tapis rouge pour perdre anyway), nous tenons à féliciter la charmante Marie-Mai pour sa victoire écrasante (force est de l’admettre humblement, pas un mot de Cœur de pirate là-dessus)!

À défaut d’avoir assisté au gala de l’ADISQ, il était hors de question qu’on rate l’occasion d’offrir une version acoustique de notre chanson Parasites au 21ème gala de la SOCAN. Peu de temps après avoir chanté aux quelques centaines d’invités d’honneur: «…Nous sommes la crosse du siècle, nous sommes l’industrie du disque…», notre trésor national Fred Fortin profitera de l’occasion de s’adresser à l’industrie pour remercier Astral Média de «…s’assurer que tout ce qui pénètre dans nos oreilles soit bien aseptisé…».

Au passage Fred, si tu cherches ton étui de trophée en velours pour mettre ton trophée en fibre de verre dedans, il est en notre possession : tu l’as oublié à notre table. On ignore si tu as quitté les lieux si rapidement pour ne pas manquer la reprise de la victoire des glorieux à Canadien Express, si t’as simplement eût du mal à digérer les cailles farcies au foie gras ou si la prétention des propos de Stéphane Venne t’y auront poussé? Quoi qu’il en soit, tu peux nous écrire pour prendre un rendez-vous et récupérer ton bien. On en profitera pour boire un verre et composer une bonne chanson.

Parce qu’aux dires de Mr. Venne : «…Pour écrire un classique de la chanson, il faut être bon…» point à la ligne. Ce que l’histoire de dit pas cependant, c’est qu’il faut également se laver les mains après avoir fait pipi! Surtout dans un gala.

Le meilleur commentaire de la soirée revient à Luc Plamondon : «...Pour écrire de telles chansons dans les années 70, ça prenait du pif…»

Un compte-rendu d’Alain Brunet sur la soirée: http://www.cyberpresse.ca/arts/musique/201011/17/01-4343447-21e-gala-de-la-socan-hommage-a-edith-butler-et-luc-plamondon.php

Top 3 des personnalités les plus gentilles avec nous au gala de la SOCAN :

3ème position : Robert Charlebois
2ème position : Le chum de Marie-Mai
1ère position : Jim Corcoran


Sur une note beaucoup plus sérieuse, le voyage de notre prix ÉCHO se poursuit depuis déjà 2 semaines. Entre le 50ème parallèle et les confins de Sept-Îles, les 3 accords nous font l’honneur à tous de quelques photos en guise de témoignage!




26 oct. 2010

Ok calmez-vous! On va le payer le ticket...


...Mais un peu de jurisprudence n’aurait pas fait de tord. Nous voilà devant un événement sans précédent qui risque d’amener son lot de problème. Maxime va se mettre à rouler 140km/heure sur l’autoroute, Marie va arrêter de s’attacher et Guillaume va boire des bières dans sa banquette. C’est écrit dans le ciel. Bravo les fans. J’espère que vous êtes fiers de vous. Asteur c’est l’band qui paie!

Coup de théâtre : nous avons remporté le prix écho de la SOCAN. Merci d’avoir bien voté cette fois. Grace à vous, on a été payé pour rencontrer la très gentille Linda Lemay, William Deslauriers et Gilles Valiquette, le génie derrière les chansons : Je suis cool et La vie en rose. William nous a même avoué être fan de Vulgaires Machins. Il nous avait vu au Kickass show à Plessisville avec Mononc' Serge et les accommodements raisonnables. Ce dernier avait joué la chanson Hitler Robert et un potin circulait à l’effet que Serge prendrait toujours un peu de champignons magiques avant ses concerts. On en doute fort et malgré cette étrange croyance, à notre avis, cela n’empêche pas Mononc’ d’être le dernier punk au Québec. Et selon L’ancien French B. Jean-Robert Bisaillon, le premier aussi. On a également vu les Trois accords au diner des lauréats de la SOCAN puisque leurs excellentes chansons se retrouvent souvent numéro 1 au palmarès. C’est à notre table qu’Alexandre Parr nous a parlé du sandwich coup double de PFK dans lequel le pain a été remplacé par des poitrines de poulet frit. Selon Alex, c’est ce sandwich qui aurait inspiré la chanson Dans mon corps. On a laissé notre immense et symbolique chèque en carton aux Trois accords. Paraît qu’ils vont l’accrocher dans leur local de pratique. Simon Proulx souhaite faire un peu de visualisation. On pulpliera les photos plus tard.

Parlant d’argent, merci à Étienne et sa petite entreprise Autom wallets qui nous a offert un beau portefeuille italien au concert de St-Jean pour mettre toute notre nouvelle richesse dedans.

Tant qu'à mettre des lien partout dans ce blogue. En voici un pour voir le clip de la chanson Le mythe de la démocratie réalisé par notre bon ami et talentueux-joueur-de-poker-avec-une-Grolsch-en-canne: Hugo Courtemanche. Le tournage a prit 20 minutes. On a donné 50$ à l’itinérant. Il n'était pas impressionné ni content outre mesure. Il a simplement évoqué la possibilité de se payer un lunch au Thaï express. Espérons qu’il va déclarer ses revenus à l’impôt. Fait intéressant, le «devil» et le «bébé» sont vraiment sortis de nul part. On n'a rien arrangé avec le gars des vues.

Ces jours-ci, Guillaume soigne un virus handicapant qui nous aura forcés d’annuler notre passage à Gatineau. Nos sincères excuses aux gens qui prévoyaient venir au concert. L’événement sera remis, soyez sans craintes. Maxime profitera de cette brève pause pour mettre les pneus d’hiver sur le camion et colmater les fuites sur le toit. Quand il pleut, il pleut dans le camion. Quand le soleil plombe dans le camion, ça pue à cause de l’humidité. On a tenté de camoufler l’odeur avec un sapin qui sent la noix de coco. C’est pire. Depuis l’achat en 2008 pour la modique somme de 15 000$, il a fallu réinvestir un autre 15 000$ environ. Et ça n’est pas terminé. Permettez-nous à ce sujet de passer une suggestion à l’individu qui nous a vendu ce camion : Va te faire enculer par un cactus!

16 oct. 2010

Soyez réaliste, exigez l'impossible!


Ce qui est vraiment chiant avec la démocratie en fin de compte, c’est quand le résultat d'un scrutin n’est pas favorable à notre cause. Puisque le vote pour déterminer le payeur de la contravention que Pat Love a reçue est terminé et n’est pas favorable aux opinions de la majorité des membres du groupe, nous reportons les résultats pour une semaine supplémentaire. Espérons que le temps saura corriger cette erreur de jugement et provoquera la renaissance de votre esprit critique. Votez plus, votez bien...Hasta la victoria siempre!

11 oct. 2010

Courage Forest...



Flying donuts, nos très bons amis et collaborateurs, sont retournés chez eux en France après une tournée fructueuse dans notre belle province accompagnés à la basse par le suppléant Forest, artiste folk mieux connu sous le nom de Forest Pooky. C’est lors du dernier concert de FD, à Sorel que Vulgaires Machins aura décidé de brûler le T-shirt de Forest souillé par la sueur et l’alcool, imprégné d’une forte odeur à refaire mourir un mort dans les loges et le camion de tournée.

Ce n’est que quelques secondes après avoir constaté les cendres que Forest témoignera que l’on venait de détruire un symbole important de sa vie…

C’est en guise de solidarité et surtout pour accélérer le deuil que nous offrons ici-haut les images de ce drame d’une tristesse qui ne peut s’expliquer avec des mots. Vous pouvez envoyer vos condoléances à Forest via sa page myspace à l’adresse suivante : www.myspace.com/forestpooky

1 oct. 2010

Anti-Flag, The Menzingers, un bref résumé...




Les membres d’Anti-Flag sont presque tous straight edge et végétariens. Le batteur Pat Thetic quand à lui trouve cela trop peu. Il est végétalien. Il considère donc le droit des animaux à la dignité plus important que les omelettes. Quand on joue dans ce groupe, il est interdit de boire de la bière avant un concert. Rien de bien surprenant. Quand on commence à être saoul on commence aussi à se contre-foutre du gouvernement, de nos relations politiques internationales, de la justice sociale et de l’écologie. On commence vite à se préoccuper de savoir qui est en état de conduire le camion pour se rendre à l’hôtel? Qui a une cloppe? Et où sont les Shish Taouk? Plutôt que de se raconter des débats à l’assemblée, on se raconte des histoires de batailles au Foufs! L’alcool n’est pas l’ami de l’activisme.

À Montréal, après notre concert au cabaret du studio juste pour rire, Marie-Eve a dû courir à L’Esco sous la pluie et encore essoufflée pour accompagner au piano le concert d’adieu de Yesterday’s Ring. Justin Sane est venu faire un tour et s’est exclamé : «That’s fucking amazing!» avant d’acheter toute la discographie du groupe. On a donc apporté ses disques dans le roadcase du piano jusqu’à Québec pour qu’il nous aime et qu’on devienne amis avec une star de plus.

À Québec, un portier a traité Guillaume de face de poulet. On cherche encore le sens. Surtout venant de quelqu’un qui a une face de caca de poulet. On a tous bouffé au Cercle après le concert. On a signée une assiette et les cuisiniers nous en ont signées une à leur tour. Meilleures sardines grillées de la province de Québec : Le Cercle.

C’est à Ottawa que Maxime a décidé de porter la moustache. C’est le lendemain à Kingston que Tom, chanteur des excellents Menzingers et Guillaume l’ont imité. L’épouse de Max adore! Ça lui rappelle Tom Selleck.

Nous sommes généralement 6 dans le camion en tournée. En 6 jours, on a roulé environ 30 heures. D’après une étude scientifique, chaque individu pète en moyenne 14 fois par jour.

À notre retour de Kingston, nous devions faire une halte à l’aéroport de Dorval pour ramasser Flying Donuts qui arrivaient de France pour leur tournée au Québec. On aura l’occasion de partager la scène avec eux à Longueuil et Sorel-Tracy ce mois-ci. Damien qui s’occupe de leur tournée et qui opère à titre de gérant pour Vulgaires Machins en France est resté pris une heure aux douanes pendant que Forest avait grandement besoin d’une douche. Alors que nous étions tous les 10 dans le camion en route vers Montréal, Pat Love a trouvé le moyen de s’arracher une contravention de 100$ pour avoir brûlé un feu rouge. Nous n’avons pas encore statué sur le dénouement judiciaire de l’affaire. Qui devrait payer la contravention : Pat Love ou Vulgaires Machins? Le dilemme moral demeure à ce jour. Qui a brûlé le feu rouge? Pat Love ou le groupe? Merci de répondre au sondage… votre opinion compte.